La souffrance au travail fait parler et nombreux sont les journaux et sites
internet qui s'intéressent à cette nouvelle vague. Cette revue de presse vous
propose un récapitulatif de ce qui se trouve sur internet, sur ce qui se dit,
ce qui s'écrit. Nous allons plus précisément nous pencher sur la question des blogs
qui servent aujourd'hui de supports modernes à l'expression de la sphère privée.
Quel est alors le débat ? D'où vient la souffrance au travail ?
Quel est le rôle des entreprises dans cette crise sociale ? Quel est le pouvoir des blogs ?
Nous vous proposons donc une étude de plusieurs articles sur le sujet, petit compte-rendu de
ce qui se dit dans la presse et sur le web.
D'où vient la souffrance au travail ?
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La montée en puissance du phénomène : Articles
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Intéressons-nous tout d'abord au problème de la souffrance au travail. Plus que les entreprises, c'est la société elle-même qui semble être responsable de cette nouvelle crise sociale. On ne cesse de parler aujourd'hui de compétitivité et du culte de la performance, d'individualisme et de concurrence. L'homme, dans sa vie professionnelle, est constamment soumis à des pressions, des contraintes de temps et d'argent. La dépression devient monnaie courante dans la vie professionnelle. Pourtant plusieurs études ont montré que le travail aujourd'hui n'était pas plus difficile qu'il y a 50 ans, au contraire! Alors comment expliquer cette montée en puissance des problèmes psychologiques chez les salariés?
L'homme dénaturé : Articles
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Le problème majeur n'est en fait pas lié au travail en tant que tel, mais à l'entourage professionnel. Humiliation, manque de reconnaissance, harcèlement, concurrence... Tels sont les mots que les psychologues spécialistes de la question entendent le plus. Le question de la souffrance au travail n'est donc pas qu'un problème d'organisation des entreprises (conditions de travail...), il s'agit surtout d'un problème de relations humaines. Certains salariés sont utilisés par leurs supérieurs et deviennent alors complètement passifs dans leur travail. Or par nature, un homme n'est pas un être passif ; Les prises d'initiatives, l'action et les inventions font partie de sa nature. Dans certaines entreprises, l'homme est réduit à un objet, il devient un instrument à performance, bref il est dénaturé. L'exemple de Laure dans l'article 4 est clair : Cette femme n'existe plus en temps que femme mais en temps que machine à laquelle on peut tout dire et tout demander. Mais le débat est là : Laure est une femme et ne peut se résoudre à être considérée comme un objet. Elle n'échappe pas à la dépression comme de plus en plus de salariés.
II - Le rôle des entreprises dans ce nouveau fléau.
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Un problème au sein des entreprises : Articles
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Quel est alors le rôle des entreprises dans cette nouvelle mouvance ? On lit dans un article de la revue Cadres CFDT que : Lorsque les personnes souffrent, ce sont les organisations qu'il faut guérir ?. Le problème n'est donc pas à résoudre au cas par cas mais surtout au niveau global. Il y a un problème d'ambiance général au sein de l'entreprise. La mentalité actuelle tourne plutôt autour de l'implication de chacun et de la réussite individuelle. La souffrance au travail, le stress forment aujourd'hui une question majeure dans le monde professionnel, non seulement pour les salariés mais aussi pour les entreprises qui y voit notamment un risque de perte de popularité : Nous sommes bien d'accord, les suicides chez France Télécom ne joue pas en sa faveur.
Un exemple, un indicateur, quelques chiffres : France Télécom : Article
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D'après l'article 3, 55% des salariés se disent plutôt pas satisfaits sur le plan professionnel. De plus, de moins en moins se disent fiers d'appartenir à cette entreprise (39% aujourd'hui contre plus de 50% il y a quelques années). Les événements récents n'ont donc pas profité à France Télécom. Le problème peut être vu sous un autre oeil : Un homme se suicide et une horde de dépressifs apparaît. Comment alors déceler le mal-être dans une entreprise ? On utilise un indicateur fort, comme celui de la fierté. Cet indicateur se dégrade lors de périodes difficiles pour l'entreprise. Il montre donc des défaillances du système de management et donne un bon aperçu de l'ambiance général qui règne dans les couloirs : Plus les gens sont heureux dans l'entreprise et plus ils sont fiers d'y appartenir. Quand ce n'est pas le cas, des psychologues spécialisés prennent le relai.
Qui sont les principales victimes ? Article
4.
Dans l'article 4, Marie Pézé, psychologue spécialiste, nous explique notamment que la plupart du temps, les plus dépressifs de ses clients sont ceux qui étaient le plus investis dans leur travail. Le problème reste le même : Culte du résultat plutôt que reconnaissance des efforts.
Après des résultats sociaux accablants (suicides, dépressions en masse), le gouvernement et les entreprises se doivent de réagir. La lutte contre le stress professionnel devient une mode, la souffrance au travail est le nouveau fléau à combattre. On multiplie les plans d'urgence, les mesures de prévention ainsi que les études sur ce phénomène qui fait tant parler.
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III - Les blogs et la loi.
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A quoi correspond un blog ?
Venons-en maintenant au rôle que jouent les blogs dans cette histoire. Ils sont la touche technique du phénomène social, puisqu'il n'existe plus aujourd'hui d'histoire sans une intervention même minime de la technique. Le blog a la qualité étrange d'être à la fois personnel et public. Personnel car la majorité des blogueurs raconte leur vie intime, leurs émotions, leurs opinions, dans leurs articles. Public puisque n'importe qui peut y accéder et y participer (commentaires, forum...) Quelle est alors la part du blog dans le problème de la souffrance au travail?
Les rôles du blog : Articles
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Un blog peut tout d'abord servir à recueillir des témoignages de personnes ayant souffert ou souffrant toujours dans leur métier. Il peut s'agir par exemple d'un blog tenu par des psychologues spécialisés qui répondent gratuitement aux personnes en difficultés et leurs apportent soutien et conseils. Le blog peut aussi (et majoritairement) être crée et maintenu par la personne souffrante. Le côté privé du blog lui permet de s'exprimer librement, de se plaindre, de s'analyser. Le côté public permet lui de trouver de l'aide, du contact, du soutien, un échange. Il permet ainsi de surmonter la souffrance causée par le travail. Comme il est dit dans l'article 13 tiré du journal Sud Ouest, le blog joue alors le rôle d'antidépresseur, de thérapie : La technique au service du psychologique. Parallèlement à la montée des suicides et dépressions au sein des entreprises, on comprend aisément l'engouement créé par les blogs, ces pages web sur lesquelles on lit des histoires bien plus déprimantes que celle que l'on vit. On sent qu'on est pas seul. C'est une thérapie pour l'écrivain mais aussi sûrement pour le lecteur qui se sent rassuré.
L'ambiguïté juridique du blog : Articles
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Enfin, on ne peut pas nier aujourd'hui l'explosion des études sur le problème et de blogs de salariés souffrants depuis la publication et la médiatisation des premiers suicides en entreprises. Le côté privé/public du blog pose alors problème : Jusqu'où va le privé? Jusqu'où va le public? Peut-on insulter son chef sur son blog? Jusqu'où peut-on s'exprimer sur le lieu public que représente le web? La multiplication des blogs qui dénoncent, accusent ou insultent augmente avec le nombre de poursuite judiciaire. Bien que majoritairement anonymes, les blogueurs un peu trop bavards sont souvent démasqués par les entreprises qui prennent ensuite les mesures nécessaires. Le blog doit donc être un journal intime plutôt qu'un défouloir dans lequel on insulte et critique : La dépression est autorisée, la violence verbale ne l'est pas.
Quel est alors le statut juridique du blog ? Voici ce qui ressort des procès d'affaires connues (Nissan, la Petite Anglaise...). Il est interdit de diffuser des données personnelles et nominatives sur son blog, de mentir au sujet de son entreprise et de ses collègues (injures, diffamation, propos racistes...). Le blogueur doit donc respecter la loi sur la liberté de la presse de 1881. Ainsi, un journal intime publié sur internet a, à quelques détails près, le même statut juridique qu'un journal papier.
Notons tout de même que les blogs peuvent aussi plairent aux entreprises comme nous le montre l'article 21 dans lequel on apprend qu'une compagnie aérienne était ravie qu'une hôtesse de l'air publie des photos d'elle en uniforme sur son blog.
A lire ces quelques articles, on remarque bien la grande variété de rôles que peut jouer le blog, mais aussi la grande variété de souffrances rencontrées dans le monde du travail : La souffrance d'un métier difficile à gérer sur le plan émotionnel (infirmiers, urgentistes..) ou la souffrance d'un métier qu'on aime dans un environnement oppressant. Plusieurs mesures sont prises actuellement pour essayer de changer cela, d'autres sont prévues, notamment une potentielle intervention de l'état (Faut-il payer les entreprises ? Article 9)
Bref, thérapie ou défouloir, guérison ou poursuite judiciaire, lamentations ou insultes... Psychologie, lois et techniques s'assemblent pour former un rapport complexe entre souffrance au travail et blogs internet.